La femme qui jeûnait du parfum des fleurs

The woman who lived off of the scent of flowers

 

Eva Vliegen, celle qui vivait du parfum des fleurs.

Les premiers bourgeons augurent la douceur primevère. Les camélias fleurissent sous le manteau de fin d’hiver, le chant des oiseaux s’en revient dans les villes, nos assiettes retrouvent leurs couleurs maraîchères et les tubéreuses, les étals de nos fleuristes.

Il y a quelques semaines, le mimosa et ses boutons poudrés annonçaient le printemps. Qui n’a jamais saisi pour l’occasion quelques rameaux au marché pour se délecter de ce parfum solaire et enivrant, cette fragrance lumineuse enténébrant nos sens de sa chaleur ? Qui ne s’est jamais retrouvé tant absorbé par le parfum d’une fleur que le monde s’en est trouvé absent à l’entour ?

Ce fut sans doute le cas d’Eva Vliegen, la Mégère de Moers – la femme qui vivait du parfum des fleurs.

Eva Vliegen naît de petite extraction dans la ville de Moers, dans l’actuelle province de Rhénanie du Nord. Fille d’éleveurs de porcs, elle s’habitue à la faim et à la soif. Pieuse et ascète, elle devient célèbre lorsqu’aux alentours de sa vingtième année, elle décide de ne plus se nourrir que du parfum des fleurs.

On la croit menteuse et pourtant, la petite Eva à l’instar des mystiques rhénans, voit vite défiler devant elle un parterre de gens, riches ou pauvres, indignes ou puissants, voulant s’assurer de son honnêteté. Sa popularité et la controverse qu’elle inspire sera telle que le Prince Maurice de Nassau, Stathouder des Pays-Bas viendra lui-même constater le saint jeûne de la petite Eva.

Tous constatent de leurs propres yeux cette vérité : qu’Eva ne vit que du parfum des fleurs de son jardin. Le bourgmestre de Moers l’aurait même « invitée » à passer plusieurs jours et plusieurs nuits dans sa demeure afin de s’assurer que ce n’était pas une supercherie. Cela durera jusqu’à sa mort en 1614, peu après qu’elle ait reçu une vision dans laquelle elle présageait la fin des temps.

Cependant, en 1628, soit 14 ans après sa mort, un médecin trouva la petite Eva bien en vie et bien en chair. Il s’avère qu’elle avait été nourrie secrètement pendant tout ce temps par une tante. 

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